Vous venez de créer votre entreprise ou exercez depuis quelque temps et savez l’importance de la prospection pour assurer la pérennité de votre activité… oui, mais concrètement : qui sont les clients des traducteurs ? Où les trouver ? Comment les approcher et mettre toutes les chances de votre côté pour les convaincre ?

Dans ce billet, je vous propose de faire le point des différentes pistes à explorer…

 

Les agences de traduction

Très visibles sur les moteurs de recherches, les agences de traduction sont souvent la première (voire seule) clientèle que nous ciblons, mais aussi le premier et seul prestataire de service auquel pense une personne ayant besoin de services linguistiques.

De taille variable, spécialisés ou généralistes, ces intermédiaires peuvent gérer un projet multilingue de A à Z en s’appuyant sur des traducteurs salariés et/ou indépendants pour offrir un service complet à leurs clients.

Leur nombre tend à se réduire, car les fusions et les acquisitions se multiplient : la concurrence entre elles est rude et cela se traduit souvent par une pression sur les délais et les tarifs des sous-traitants

Où les trouver ?

Commencez par votre moteur de recherche préféré en précisant votre langue cible et votre domaine de spécialité. En France, les agences sont regroupées au sein de la Chambre nationale des entreprises de traduction (CNET) qui vous donne accès à une liste de membres. Les plateformes ProZ et Translators’ Café fournissent des listes d’agences notées par leurs prestataires.

N’hésitez pas à sortir de nos frontières : dans un marché mondialisé, vous pouvez trouver des clients dans le monde entier et les agences cherchent en priorité des prestataires natifs et basés dans leur pays de langue cible.

Comment les aborder ?

Respectez strictement les consignes précisées sur leur site web pour leur proposer vos services : en général, vous devez remplir un formulaire ou envoyer un CV, accompagné d’une lettre ou d’un message indiquant votre intérêt. Si votre profil les intéresse, vous recevrez une invitation à passer un test (le plus souvent non rémunéré) pour évaluer la qualité de votre travail.

3 conseils pour que tout se passe bien

  • Positionnez-vous en tant que partenaire : vous permettez aux agences de fournir un service de qualité à leurs clients. Si vous n’avez pas la même vision du métier ou ressentez une forme de subordination (pression sur les tarifs, demandes impossibles à satisfaire, voire chantage et menaces), passez votre chemin ! Vous n’êtes pas employé et restez libre de choisir vos clients et les projets sur lesquels vous travaillez.
  • Traitez-les comme vos autres clients : soyez aimable, disponible, à l’écoute de leurs besoins et source de solutions. La relation que vous entretenez avec un chef de projet est importante pour pérenniser votre collaboration avec l’agence qui l’emploie. Mettez-vous à sa place (souvent très inconfortable) et facilitez-lui la vie pour vous rendre indispensable.
  • Fixez et tenez bon sur vos tarifs : parlez-en le plus tôt possible pour éviter de perdre votre temps à remplir un formulaire ou passer un test si vos tarifs sont trop élevés. Fixez-vous un minimum tenant compte de vos objectifs de rémunération et de vos dépenses professionnelles et ne descendez en dessous sous aucun prétexte ! Les négociations avec les agences sont généralement « à prendre ou à laisser », vous ferez donc mieux de vous concentrer sur la recherche de projets plus rémunérateurs que de travailler à perte.

    Les clients directs

    Saint Graal de l’indépendant, le client direct est une entreprise privée, une organisation ou un particulier achetant une traduction pour ses propres besoins : généralement pour cibler de nouveaux marchés, répondre à une obligation réglementaire ou communiquer avec des parties prenantes (personnel, investisseurs, partenaires…).

    Ces clients sont de taille diverse, de grandes multinationales ou organisations internationales aux PME, universitaires ou auteurs indépendants.

    Les plus gros acteurs sont exigeants et tendent à privilégier des prestataires expérimentés, qui savent répondre à leurs besoins spécifiques et peuvent leur fournir un retour sur investissement. Les plus petits ont souvent des difficultés à trouver des traducteurs et sont généralement prêts à donner sa chance à un débutant qui aura su les trouver. Cependant, il est nécessaire de les accompagner et de les conseiller dans leur démarche de traduction.

    Où les trouver ?

    Identifier et démarcher un client direct suppose de faire des recherches en amont pour définir le plus précisément possible son profil (secteur d’activité, fonction, marché…) et bien comprendre ses attentes et ses besoins afin de lui proposer une offre adaptée.

    Pour trouver des pistes, consultez les annuaires professionnels, la presse économique, les listes d’exposants des foires et salons, les répertoires des associations professionnelles. Faites jouer le bouche-à-oreille en activant votre réseau et sortez de chez vous pour aller à leur rencontre sur leur terrain (conférences, formations, salons, etc.).

    Comment les aborder ?

    Convaincre un client direct demande de la méthode et de la patience.

    Vous devez d’abord vous rendre visible pour qu’il ou elle sache que le prestataire de ses rêves existe. Mettez à jour votre profil LinkedIn, créez un site vitrine facile à trouver en cherchant votre nom sur Internet et initiez le contact. Tous les moyens sont bons : sur les réseaux sociaux, en personne, par téléphone ou par e-mail.

    Osez proposer vos services ! N’oubliez pas que vous apportez une solution à un problème : bien ciblée, votre offre est généralement bienvenue.

    3 conseils pour que tout se passe bien

    • Ne négligez pas la phase de ciblage : rien n’est moins efficace qu’un message générique, adressé à un vague « cher Monsieur/Madame » proposant des services dont le destinataire n’a absolument pas besoin ! Pour convaincre, ayez une approche personnalisée : vous aurez plus de chances d’être lu et entendu.
    • Démontrez la valeur ajoutée de votre service : vendre un service (intangible) nécessite d’inspirer confiance. La personne que vous sollicitez doit pouvoir s’en remettre à vous pour exécuter la prestation demandée parfaitement, dans la limite du temps et du budget impartis. Démontrez votre expertise dans vos échanges en posant les bonnes questions et en proposant une solution adaptée à des problèmes spécifiques (délai, budget, qualité, efficacité, etc.).
    • N’hésitez pas à relancer : le monde va vite, nos boîtes mail débordent et même si nous recevons un message qui capte notre intérêt, les chances que nous y répondions avant qu’il ne disparaisse sous une tonne de ses semblables sont minces. Pour sortir du lot et augmenter la probabilité d’obtenir une réponse, il vous faudra très probablement insister… gentiment, professionnellement, mais systématiquement !

    Les collègues

    Point de concurrence sauvage entre nous : la traduction est une profession très collégiale. Il faut dire que nous avons tous notre propre niche, délimitée par nos combinaisons linguistiques, nos domaines d’expertises et nos compétences. Par ailleurs, le marché de la traduction est tellement vaste qu’il y a de place (et une demande) pour tout le monde.

    Alors, plutôt que de considérer vos confrères et consœurs comme des concurrents, allez à leur rencontre pour vous constituer un réseau de partenaires et d’apporteurs d’affaires.

    Où les trouver ?

    Nombre de traducteurs et traductrices adhèrent aux associations professionnelles en France et à l’étranger. Si vous avez étudié la traduction, pensez aussi aux réseaux d’anciens élèves de votre école ou université. Les réseaux sociaux, notamment LinkedIn, et les plateformes comme ProZ, Translators’ Café et le Serveur Discord des traducteurs francophones sont d’autres répertoires à consulter et points de contact à envisager.

    Comment les aborder ?

    Contactez-les directement par e-mail ou via les réseaux sociaux. Le mieux restant de se rencontrer en personne pour réellement « faire connaissance », à l’occasion d’une conférence ou d’une formation par exemple. Intéressez-vous à leur parcours et à leur expérience : c’est tellement agréable de rencontrer des personnes qui comprennent parfaitement votre métier !

    3 conseils pour que tout se passe bien

    • Choisissez vos partenaires avec soin : pour bien travailler ensemble, ou les uns pour les autres, encore faut-il bien communiquer et avoir la même conception du travail bien fait. Choisissez des partenaires de confiance que vous pourrez recommander ou solliciter les yeux fermés.
    • Traitez les projets de vos collègues comme les vôtres : si vous travaillez pour le compte d’un confrère ou d’une consœur, respectez aussi scrupuleusement les consignes et les délais que vous le faites habituellement. Il y va de sa réputation comme de la vôtre. 

    • Envisagez la collaboration comme le moyen de mieux servir vos clients : grâce à elle vous pouvez fournir des services de meilleure qualité (relecture par un tiers) et diversifiés (prestations complémentaires), traiter des volumes plus importants, plus rapidement, dans plus de combinaisons linguistiques… bref, fournir une valeur ajoutée recherchée sur le marché.

    Ceux auxquels on ne pense pas

    En plus des grandes catégories citées précédemment, ne négligeons pas ces autres sources potentielles de contrats de traduction :

    • Autres agences (communication, relations publiques, spécialisées en social media, création vidéo…) et intermédiaires (avocats, notaires, bureaux d’étude, sociétés d’études de marché, cabinets de propriété intellectuelle…)
    • Particuliers, notamment pour la traduction de documents officiels (traducteurs assermentés), d’articles de revues universitaires ou de travaux de recherches, d’ouvrages auto-édités, de CV et de portfolios d’artistes, etc.
    • Réseaux amical et familial : la famille et les amis sont souvent les apporteurs d’affaires des traducteurs. Pensez à informer la terre entière de ce que vous faites dans la vie : de nombreuses enquêtes ont montré que le bouche-à-oreille est la première source de missions de traduction.
    • Maisons d’édition : si vous rêvez de traduire des ouvrages littéraires ou de non-fiction, il vous faudra prendre contact avec leurs éditeurs en France pour proposer vos services, voire l’achat des droits étrangers d’un titre que vous avez adoré.
    • Bonnes actions : le bénévolat peut être un bon moyen de vous entraîner à traduire professionnellement et de vous constituer un portfolio en début de carrière. Une expérience qui vous permettra par la suite de rassurer et convaincre d’autres clients de vous confier des travaux rémunérés.

     

    Comme nous l’avons vu, les pistes ne manquent pas ! La clé du succès est de bien se positionner sur le marché pour que votre offre (services et tarification) s’aligne avec les besoins et les attentes de la clientèle qui vous correspond le mieux.

    Cette liste vous donne-t-elle des idées ? Si j’ai oublié un type de clientèle, n’hésitez pas à me le dire et à nous faire part de votre expérience.

     

    POUR ALLER PLUS LOIN

    Photo Gaële Gagné

    L'autrice

    Professionnelle accréditée en commerce international et conseillère pour les PME, Gaële Gagné est devenue traductrice indépendante en 2005. Dans le cadre de son entreprise, Trëma Lingua, elle propose des services de traduction marketing et commerciale de l'anglais vers le français et partage ses connaissances en gestion d'entreprise avec ses collègues traducteurs via la plateforme Tradupreneurs.fr.

    Découvrez d'autres articles

    Pin It on Pinterest

    Share This