Le traducteur est un être cultivé. Curieux par nature, il lit beaucoup afin d’acquérir une maîtrise suffisante de la terminologie de ses domaines de spécialité pour produire des textes à la hauteur du niveau de connaissance de ceux qui les ont rédigés. Dans cette optique, il effectue des heures de recherches, rencontre des spécialistes, visite des salons et s’abonne à des magazines au tirage extrêmement limité. Souvent aussi, il suit des formations pour parfaire encore et toujours la qualité de ses traductions, mais comme malheureusement la plupart des traducteurs ne sont pas millionnaires, il faut bien trouver des combines pour s’instruire sans casser sa tirelire…

Le chouette Internet

Tout comme Internet nous évite désormais de passer des heures en bibliothèque pour effectuer nos recherches terminologiques, il nous permet également de nous former sans mettre les pieds dans une salle de classe.

Sous un acronyme barbare, les MOOC (pour Massive Open Online Courses ou CLOM, cours en ligne ouverts et massifs en français) nous donnent accès gratuitement à un volume phénoménal de connaissances et de contenus éducatifs dans de très nombreux domaines, pour la modique somme de (le plus souvent) ABSOLUMENT RIEN !

Cette nouvelle forme d’enseignement à distance peut être dispensée par des institutions prestigieuses (polytechnique, Stanford, HEC, MIT, Harvard, Essec, etc.) et parfois permettre d’obtenir des certificats validant de nouvelles aptitudes (les xMOOC) ou simplement faciliter l’échange de connaissances entre des milliers de participants (les cMOOC).

Quant à l’offre, elle est déjà très vaste et ne cesse de croître. Pour trouver votre bonheur suivant vos intérêts ou vos domaines de spécialité, commencez par explorer les principales plateformes :

Comme vous le constaterez très vite, les MOOC sont principalement accessibles en anglais, mais la France tente de rattraper son retard : plusieurs institutions offrent d’ores et déjà des cours en ligne et le Ministère de l’Enseignement supérieur vient de lancer la plateforme d’hébergement France université numérique (FUN) pour tenter de centraliser l’offre.

Autre piste à explorer : les cours de développement professionnel proposés par des regroupements de traducteurs ou des sociétés privées spécialisées (en France et à l’étranger). Traitant de sujets intéressant les professionnels de notre secteur (TAO, gestion et développement d’entreprise, spécialisations, etc.), ils sont pour la plupart payants. Cependant, les tarifs généralement pratiqués les laissent à la portée de toutes les bourses et leur accessibilité en ligne (vidéo ou télé-conférence) leur permet d’être visionnés ou écoutés plus tard si vous avez manqué l’heure du rendez-vous. Voici une de mes sources préférées pour ces petits cours rapides :

L’alliée SFT

Pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, la Société française des traducteurs (SFT) est la principale association des traducteurs de France, elle a pour mission de regrouper et de défendre les intérêts de ses membres et de la profession en général. En plus de cette noble cause, elle organise de nombreuses formations en ligne et à travers la France. Ouvertes à tous, elles sont généralement proposées à un tarif plus avantageux si vous êtes membre de l’association. Dans ces conditions pourquoi s’en priver !

Autre brillante idée, les Matinales de la SFT organisées une fois par mois à Paris pour les traducteurs d’Île-de-France (mais aussi ailleurs, par d’autres délégations régionales) réunissent les professionnels intéressés autour d’un petit déjeuner-conférence. Les sujets abordés sont très variés (l’assurance professionnelle, la traduction certifiée, la recherche documentaire, etc.), mais toujours passionnants. En plus de vous instruire pour une somme modique, c’est aussi un excellent moyen de sortir de votre bureau et de rencontrer des collègues !

Pour élargir vos horizons, n’hésitez pas non plus à participer aux rencontres d’autres associations professionnelles en France et à l’étranger. La plupart organisent des conférences et des colloques offrant de nombreuses opportunités de formation :

La bonne nouvelle FIF PL

Saviez-vous que vous pouvez vous faire rembourser tout ou partie de vos frais de formation professionnelle ?

Si comme moi, vous aimez savoir à quoi servent les cotisations et charges diverses prélevées sur le fruit de votre dur labeur, vous avez sans doute remarqué que vous versiez un pourcentage de vos recettes au titre de la CFP, c’est-à-dire la contribution à la formation professionnelle. En creusant le sujet, vous serez ravi d’apprendre que cette cotisation alimente les caisses du FIF PL (Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux) afin de financer la formation des professionnels libéraux que nous sommes.

Grâce à cet organisme, vous pouvez (entre autres) demander la prise en charge de votre formation professionnelle au coût réel (hors frais d’hébergement et frais de transport) dans la limite d’un plafond de 350 € par jour et de 1 750 € par an et par personne.

Pour pouvoir en bénéficier, vous devez tout de même respecter certains critères et conditions :

  • Vous devez pouvoir attester de votre inscription à l’URSSAF en tant que professionnel libéral (aucun délai de carence).
  • L’organisme qui dispense votre formation doit avoir un numéro de déclaration d’activité (les plus sérieux, y compris la SFT, en ont un).
  • Le FIF PL doit avoir reçu votre demande de prise en charge AVANT le début de la formation.
  • Vous devez adresser votre attestation de présence et de règlement au FIF PL une fois la formation terminée.
  • Sont éligibles les formations d’une durée minimale de 6 h sur une journée (ou cycle de 6 h par module successif de 2 h minimum) et de 4 h correspondant à une prise en charge d’une demi-journée.

Et vous, avez-vous d’autres trucs et astuces à partager pour aider vos collègues à se former ? Avez-vous déjà essayé une des solutions proposées ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Photo Gaële Gagné

L'autrice

Professionnelle accréditée en commerce international et conseillère pour les PME, Gaële Gagné est devenue traductrice indépendante en 2005. Dans le cadre de son entreprise, Trëma Lingua, elle propose des services de traduction marketing et commerciale de l'anglais vers le français et partage ses connaissances en gestion d'entreprise avec ses collègues traducteurs via la plateforme Tradupreneurs.fr.

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